Ces derniers temps, je me suis concentré sur l'évolution du dollar américain, et j'ai découvert quelques phénomènes assez intéressants. Beaucoup me demandent quelle est la véritable raison de la baisse du dollar, en réalité cette question est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît.



Pour faire simple, après le début de la baisse des taux l'année dernière, l'avantage de l'écart de taux d'intérêt du dollar s'est réduit. Tout le monde sait qu'en période de taux élevés, les capitaux affluent vers le dollar pour rechercher de meilleurs rendements, mais lorsque la Réserve fédérale commence à assouplir sa politique, la situation s'inverse. L'argent devient moins cher, et les investisseurs cherchent naturellement d'autres actifs plus attractifs. Mais ce n'est qu'une cause superficielle.

La véritable raison de la baisse du dollar réside dans le changement de la situation mondiale. Les données du premier trimestre cette année étaient en fait assez solides, l'emploi non agricole est resté résilient, et l'inflation n'a pas diminué aussi rapidement qu'on l'imaginait, ce qui a repoussé à plusieurs reprises les attentes de baisse des taux. La Fed adopte désormais une attitude plus proche de « lent, tardif, modéré », voire certains organismes pensent que la politique pourrait rester inchangée jusqu'en 2026.

Mais il y a un point clé — la position hawkish de la Fed est en réalité guidée par les données, et non par un nouveau cycle de hausse des taux. Tant que l'emploi, les salaires et l'inflation de base commencent à se détendre, la politique pourrait encore changer. Ainsi, la baisse du dollar n'est pas uniquement une question de politique, mais aussi une réaction du marché face à cette incertitude.

Un autre facteur majeur est la tendance à la dédollarisation. Ce n'est pas une nouvelle, mais cela s'accélère effectivement. Les banques centrales réduisent leur détention de bons du Trésor américains et augmentent leur réserve d'or, l'euro et le yuan s'internationalisent, et la montée des cryptomonnaies contribue aussi à réduire la domination du dollar. Depuis 2022, cette vague est de plus en plus visible. Bien sûr, le dollar reste la principale monnaie de réserve mondiale, et il ne sera pas remplacé à court terme, mais la pression structurelle à long terme est réelle.

L'indice du dollar oscille actuellement entre 90 et 100, après avoir chuté de 15 % par rapport à son sommet de 114 en 2022. En 2025, la baisse annuelle approche de 9,5 %, la plus forte depuis 2017. Cependant, la situation géopolitique s'est récemment intensifiée, avec des achats de sécurité à court terme qui ont soutenu le dollar, ce qui explique pourquoi il stagne depuis presque un an.

Je pense que la baisse du dollar provient principalement de trois facteurs : premièrement, la réduction de l'écart de taux ; deuxièmement, la recherche mondiale de substituts au dollar ; troisièmement, l'incertitude sur la direction de la politique de la Fed. En résumé, dans l'année à venir, le dollar est plus susceptible de fluctuer dans une fourchette haute, avec une tendance à la faiblesse, plutôt que de s'effondrer d'un seul coup.

Cela ne veut pas dire que le dollar va continuer à baisser indéfiniment. En cas de risque financier mondial ou de conflit géopolitique, les capitaux reviendront vers le dollar, qui reste la monnaie refuge la plus importante. Il faut aussi surveiller la performance relative des autres monnaies : si l'Europe baisse ses taux plus lentement, si le Japon et d'autres économies adoptent une politique plus accommodante, le dollar pourrait rester résilient grâce à l'écart de taux.

L'impact sur différents actifs mérite aussi d'être considéré. L'or profite généralement d'un dollar faible, car l'or libellé en dollars devient moins cher. Les actions américaines attirent habituellement les flux en environnement de baisse des taux, mais si le dollar devient trop faible, les investisseurs étrangers pourraient se tourner vers d'autres marchés. Les cryptomonnaies ont tendance à mieux performer lorsque le dollar se déprécie et que l'inflation monte. Le dollar face au yen pourrait s'affaiblir, car le Japon met fin à ses taux ultra-bas, ce qui pourrait faire revenir les capitaux ; le yen pourrait s'apprécier modérément dans un contexte de baisse des taux américains ; l'euro reste relativement fort, mais la situation économique en Europe n'est pas très favorable.

Pour profiter des fluctuations du dollar, à court terme, il faut surveiller les données comme l'IPC, l'emploi non agricole, et les réunions de la Fed, qui influencent les attentes de taux. À moyen terme, on peut utiliser les niveaux de support du dollar index combinés aux différences de politique monétaire pour repérer des opportunités de trading. À long terme, les investisseurs peuvent diversifier leur portefeuille avec de l'or, des devises et d'autres actifs pour gérer le risque dollar, en ajustant leurs positions lors des phases de consolidation ou de faiblesse du dollar.

En résumé, la baisse du dollar n'est pas due à un seul facteur, mais résulte d'une interaction complexe entre politique, économie, géopolitique et changements structurels à long terme. Plutôt que d'attendre passivement la volatilité des taux de change, il vaut mieux anticiper et suivre la tendance.
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