Je viens de tomber sur une nouvelle plutôt marquante dans l’actualité pharmaceutique. Le conseil d’administration de Sanofi vient de décider de ne pas renouveler le contrat de Paul Hudson en tant que CEO après six ans à la tête de l’entreprise. Son dernier jour sera le 17 février 2026, et ça arrive vite. Ce qui est intéressant ici, c’est le message : le conseil a spécifiquement cité la nécessité d’« un surcroît de rigueur » dans l’exécution de la stratégie, ce qui est du langage corporate pour dire : « nous devons redresser la situation ».



Voici donc le plan de succession : Belén Garijo remplacera Paul Hudson en tant que nouvelle CEO à partir du 29 avril 2026. Elle arrive de Merck KGaA, où elle était CEO — en fait, elle a marqué l’histoire en étant la première femme à diriger une entreprise du DAX40 en Germany. Pendant la période de transition, Olivier Charmeil assurera l’intérim au poste de CEO. Le conseil parie sur le fait que Garijo pourra insuffler un nouvel élan à la productivité en R&D et à l’innovation, qui apparemment étaient un point sensible.

Pourquoi ce changement soudain ? Hudson a été recruté en 2019 précisément pour relancer le portefeuille de médicaments et faire remonter le cours de l’action. Mais voici le problème : Sanofi s’est retrouvée bien trop dépendante d’un seul médicament : Dupixent, son traitement contre l’eczéma. Même si ses ventes explosent, (4.2 milliards d’euros au Q4 2025, en hausse de 32.2%), l’entreprise fait face à une grosse marche à franchir dès qu’elle perdra la Dupixent's exclusivity. Son CFO a essentiellement admis qu’ils ne peuvent pas compenser ce manque. C’est un vrai problème quand votre actif vedette s’apprête à faire face à la concurrence des génériques.

Le segment des vaccins n’a pas non plus été simple. Au Q4, les ventes de vaccins ont reculé de 2.5% pour atteindre 2 milliards d’euros. Beyfortus a chuté de 14.9% à 686 millions d’euros, et les PPH vaccines (polio, pertussis, hib) ont baissé de 9.5% à 551 millions — en partie parce qu’il y a eu moins de bébés nés dans des marchés clés, dont China. Les vaccins contre la grippe et le COVID ont mieux performé, en hausse de 31.5%, mais clairement pas assez pour compenser les baisses.

Ce qui retient particulièrement l’attention des investisseurs, c’est de savoir si Sanofi peut réellement faire fonctionner amlitelimab en tant que successeur de Dupixent. Les premières données semblent encourageantes pour traiter la dermatite atopique modérée à sévère chez les patients de 12 ans et plus, mais l’exécution est tout. Le marché a indéniablement été effrayé par ce changement de CEO — SNY a chuté de 6.25% en préouverture à $46.17.

On a l’impression d’un cas classique où un conseil d’administration dit « il nous faut quelqu’un pour régler ça », plutôt qu’une transition en douceur. Qu’il s’agisse ou non d’un vrai choc à surveiller : Garijo parviendra-t-elle réellement à remettre le pipeline d’aplomb et à réduire cette dépendance à Dupixent ?
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